À paraître

2022

La gouvernance de l'intelligence Artificielle, coordonné par Bilel Benbouzid et Dominique Cardon

Ecosystèmes de la mode : réseaux & circuits, coordonné par Nick Rees-Roberts et Fabrice Rochelandet

Résonance et communication, coordonné par Olivier Voirol

Partis plateformes, plateformes de partis. Artisans, promoteurs, militants et dispositifs de la politique en ligne, coordonné par Fabienne Greffet

2023

Médiatisation de la sexualité, coordonné par Béatrice Damian-Gaillard et Florian Vörös

L'argent numérique : pratiques et enjeux, coordonné par Thomas Beauvisage et Hélène Ducourant

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Varia en attente de publication

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Stock et flux : une analyse des nouvelles pratiques de classement des biens culturels numériques

Quentin Gilliotte

Résumé : Comment les individus classent et organisent les biens culturels numériques ? Pour les biens physiques, classer ses DVD, ses jeux vidéo, ou ses CD par taille, support, genre, auteur, ordre de consommation correspond à des formes d’engagement qui viennent soutenir la consommation des biens culturels, lui donner du sens. Quand il s’agit des biens numériques et qu’il n’y a plus de classification à établir par soi-même, de quelles façons se manifestent les différents niveaux d’engagement dans la pratique ?

Nous nous appuyons sur plus de 60 entretiens semi-directifs et sur les données issues d’un questionnaire administré auprès de plus de 2000 répondants par méthode des quotas. L’article montre comment les individus mettent en place des architectures attentionnelles pour ordonner les biens culturels en stock et en flux. Ces pratiques se transforment, et se déplacent de plus en plus vers des formes idiosyncrasiques de classement où l’individu est le principal horizon des pratiques de classification. Il s’agit moins d’ordonner les biens numériques selon des critères institutionnels (le genre, la date, l’ordre alphabétique) que selon des logiques de gestion personnelle de sa consommation.

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Comment déclencher une mobilisation numérique de masse ? le cas de "l'affaire du Siècle" sur Facebook

Clément Mabi

Jean-Baptiste Paulhet

David Flacher

Résumé : Dans l’espoir d’obtenir une visibilité accrue, les mouvements sociaux se sont emparés de l’espace public numérique. Cependant, au-delà de quelques mobilisations marquantes, leur capacité à générer des mobilisations numériques de masse reste incertaine. Dans cet article, nous proposons une analyse empirique de la mobilisation autour “L’Affaire du Siècle” sur Facebook (pétition la plus signée de l’Histoire de France) afin d’identifier des configurations susceptibles de permettre à une mobilisation numérique de rassembler au-delà de publics militants. Nous défendons l’hypothèse qu’une mobilisation numérique s'élargit lorsque son dispositif d’information et de communication parvient à adopter les codes de l’espace public numérique au sein duquel elle prend place, notamment en optimisant la circulation des contenus. Pour l’étayer, nous avons procédé à une étude de circulation du lien internet de la pétition de “L’Affaire du Siècle” sur Facebook pour comprendre les dynamiques de mobilisation au sein de cet espace. Dans ce cadre, nous établissons que le dispositif de communication de “L’Affaire du Siècle” est parvenu à mobiliser de nouveaux publics en articulant simultanément deux variables : l’appel à des leaders d'opinion en lien avec la cause et l’appel aux “affects” numériques susceptibles de faciliter la circulation des contenus. Ces deux conditions ont permis de déclencher une cascade d’information à même dépasser les contraintes de visibilité qui s’exercent dans un espace numérique comme Facebook.

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Des compétences marchandes face à la plateformisation d’un marché culturel. La constitution de l’assortiment chez les revendeurs de livres d’occasion

Vincent Chabault - Université de Paris, Centre de recherche sur les liens sociaux (UMR CNRS n°8070)

Résumé : Méconnu et difficilement quantifiable, le marché du livre d’occasion joue un rôle fondamental dans la circulation de la culture imprimée. Depuis la fin des années 1990, ses détaillants et ses règles de fonctionnement se trouvent déstabilisés par la plateformisation de cet espace marchand, incarnée par l’essor de nouveaux entrants et l’usage des technologies informatiques pour la formation du profit. Basé sur une enquête qualitative de longue durée menée auprès des acteurs de l’offre, cet article vise à examiner l’évolution des compétences marchandes des détaillants en approfondissant l’une des étapes essentielles à la création d’opportunités de gain : la construction de l’assortiment. Les deux processus qui traversent cette opération – sa démarchandisation et sa numérisation – viennent remettre en cause les conditions dominantes de circulation de ces biens culturels de seconde main.

Mots-clés : livre – marché de l’occasion – assortiment – transaction – algorithme – plateforme

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Expérimenter et rendre désirable les low tech : une pragmatique de la documentation

Morgan Meyer

Résumé : Comment est-ce que les low tech sont expérimentées et comment sont-elles documentées ? Basé sur une étude de cas du Low-tech Lab, cet article montre que la documentation peut mobiliser différentes pratiques et différents formats : des tutoriels qui présentent des « recettes » pour construire des low tech soi-même, des rapports qui évaluent des expérimentations de manière scientifique et des vidéos qui mettent en scène les low tech comme acteurs clés dans des modes de vie écologiques et dans des aventures modernes. L’article montre que les documents ne documentent pas seulement la manière dont les low tech sont expérimentées, mais qu’ils essaient également de démontrer qu’elles ont leur place au sein de notre quotidien. Il décrit comment des technologies littéraires sont combinées à des technologies d’affect, positionnant ainsi les low tech comme à la fois faisables, fonctionnels et désirables. Comparé à la documentation scientifique et technique, qui décrit un monde technologique purifié d’émotions, où priment les accomplissements, la reproductibilité, et le sérieux, la documentation des low tech montre l’imbrication des technologies dans un monde plein d’émotions, d’humour, d’incertitude et d’ouverture.

Mots clés : low tech, expérimentation, documentation, tutoriels, Low-tech Lab

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Les effets secondaires de la crise sanitaire sur les sociabilités médiatisées des Français

Julien Figeac (LISST, CNRS)

Guillaume Favre (LISST, Université de Toulouse 2)

Laëtitia Bideau (LISST, CNRS)

Liza Rives (LISST, CNRS)

Anne-Sophie Béliard (PACTE, Université Grenoble Alpes)

Léo Joubert (DySoLab, Université de Rouen) 

Résumé : Cet article analyse quels dispositifs de communication les Français ont privilégiés pour rester en contact avec leurs proches durant la crise sanitaire. Sur la base de deux vagues d’une enquête par questionnaires (n = 16 224 puis n = 3 620) et d’une campagne d’entretiens (n = 30), nous montrons que l’intensification des usages observée durant cette période varie selon le genre, avec une nette démarcation des femmes, selon l’âge et le niveau d’études. Cette enquête montre également que les dispositifs les plus impliquant socialement (appels téléphoniques, SMS et appels vidéo) ont été plus importants dans les échanges avec les liens forts (parents, enfants et amis proches). Les réseaux sociaux numériques ont quant à eux permis aux personnes de maintenir une forme de veille relationnelle, flottante et intermittente, sur la manière dont leurs entourages relationnels plus éloignés (collègues, membres d’association, amis d’amis) ont pu être impactés par la crise.

Mots Clés : Crise sanitaire ; TIC ; Relations sociales ; Genre ; Solidarité ; Inégalités sociales ; liens faibles

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À la recherche des citoyens mobilisés en ligne lors des élections municipales de 2020

Marie Neihouser (Université Toulouse III – Paul Sabatier, LERASS)

Tristan Haute (Université de Lille, CERAPS)

Giulia Sandri (Institut catholique de Lille, ESPOL)

Felix von Nostitz (Institut catholique de Lille, ESPOL)

Résumé : Cet article étudie les effets du contexte de crise liée à la Covid 19 sur la mobilisation en ligne des électeurs lors des municipales de 2020 en France. En mobilisant les données de l'enquête PELMEL (Participation électorale dans la métropole lilloise), conduite à l'issue du second tour du scrutin municipal, nous montrons que la participation numérique est restée minoritaire durant la campagne et cela malgré le contexte sanitaire. Cette participation répond d’ailleurs aux mêmes logiques qu’avant la crise : le niveau d'intérêt pour la politique des citoyens reste la variable la plus structurante. On constate toutefois une surmobilisation des jeunes en ligne, en particulier sur les réseaux sociaux, et, à rebours de certains travaux, une participation relativement importante des répondants peu diplômés. Enfin, si les différentes pratiques politiques en ligne s'articulent entre elles mais aussi avec des pratiques hors ligne, on observe, en matière d’activisme sur les réseaux sociaux, des variations dans le choix des plateformes et des pratiques principalement liées à l’âge et à des variables politiques.

Mots-clés : Réseaux sociaux – Participation en ligne – Élections municipales – Covid 19

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